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Les tĂ©moins amnĂ©siques d’Ixchel Delaporte

Ils ne se souviennent plus des veillées !

Ixchel Delaporte interroge des tĂ©moins frappĂ©s d’une amnĂ©sie particuliĂšrement invasive, dont on se demande si elle n’est pas volontaire.

Cette amnĂ©sie amĂšne Ixchel Delaporte Ă  se fourvoyer trĂšs loin de la rĂ©alitĂ© lorsqu’elle prĂ©sente sa version alarmiste de la vie quotidienne au Village d’Enfants de Riaumont :

Page 70 : “À force d’entendre les anciens raconter des heures de travaux forcĂ©s et de punitions, il est Ă©vident que les documents officiels oĂč figure l’emploi du temps que Riaumont communique aux pouvoirs publics comportent, sinon des mensonges, de sacrĂ©es entorses Ă  la vĂ©ritĂ© (…).
Aucun témoin ne mentionne la veillée de groupe de 19 h 45 avec ces options : jeux organisés chants / mime-expressions-marionnettes / travaux manuels / histoire conte documentation / projection film / religieuse / libre.

Alors puisque Mme Delaporte n’a pas trouvĂ© de tĂ©moins, consultons Ă  nouveau le dossier des 133 pensionnaires auditionnĂ©s par la police dans le cadre de l’enquĂȘte sur les violences lĂ©gĂšres . Il donne au sujet de ces veillĂ©es un complĂ©ment d’information assez rassurant.

A la question des enquĂȘteurs demandant comment se passent les soirĂ©es et les nuits au sein de l’internat, les rĂ©ponses affluent , manifestant que le programme des veillĂ©es Ă©tait variĂ© :

Guillen V. (1993-1997) dĂ©clare : “Chaque soir, il y avait des activitĂ©s diffĂ©rentes. Il y avait des veillĂ©es lecture, histoire ; film.”

Felix B. (2015-2019) précise : « Le soir il y a la veillée.
– Le lundi c’est guitare, porterie (avec FrĂšre Olivier). BibliothĂšque.
– Le mardi il y a peinture de blason, poterie et jeux de sociĂ©tĂ© et Warhammer.
– Le mercredi c’est documentaire et jeudi ou vendredi c’est film.
– Le samedi et dimanche, de temps en temps, y a un film aussi.
– La nuit ça se passe trĂšs bien Ă  l’internat.

Gislain V. (1993-1997) dit de mĂȘme : “Nous faisions des veillĂ©es aprĂšs dĂźner. Il y avait des veillĂ©es film, Ă©tudes, histoire racontĂ©e par un pĂšre. Nous faisions aussi nos blasons. Ce n’Ă©tait jamais la mĂȘme veillĂ©e tous les soirs. La veillĂ©e dure 01h00 voire 01h30. Nous faisions ensuite la priĂšre dans le rĂ©fectoire du dortoir et nous allions nous coucher.

Edouard F. (2009-2011) se rappelle de diffĂ©rentes soirĂ©es : “Le dĂźner finissait vers 20h00, ensuite selon le soir il y avait des activitĂ©s diffĂ©rentes : le mercredi et le jeudi ou vendredi, il y avait cinĂ©ma style documentaire ou un film «  sĂ©rieux» et le jeudi c’Ă©tait un film plus dĂ©tente. Le lundi soir il y avait des activitĂ©s proposĂ©es. Comme le village Ă©tait mĂ©diĂ©val, il y avait un atelier Blason. Il y avait des jeux de sociĂ©tĂ©, foot ou lecture ; mardi soir, c’Ă©tait sport foot, basket ou atelier Ferme, Ă©levage des poussins par exemple.

Xavier L. (2010-2011) confirme les horaires : “…ensuite c’est le dĂźner et les veillĂ©es de 1h. 1h.1/2 . Par exemple bibliothĂšque, calligraphie, dessin, blasons, ou sport. -Ensuite c’est le coucher vers 21h.-21h.30, avec extinction des feux Ă  21h.30.

Steven P. (1996-1997) dit que : “AprĂšs le repas, on faisait des veillĂ©es oĂč on chantait, certains faisaient activitĂ© tambour, quand c’Ă©tait la pĂ©riode pour prĂ©parer la fĂȘte de Saint Nicolas. AprĂšs les activitĂ©s, on se lavait, on faisait la priĂšre.

Lionel D. (1992-1999) prĂ©cise : “salle de veillĂ©e
 Comme son nom l’indique, il s’agissait d’une salle destinĂ©e Ă  recevoir les enfants qui pouvaient lire, chanter ou Ă©couter une histoire pour les plus petits. De plus, une fois par semaine, nous pouvions y visionner un film.

Ce programme hebdomadaire laisse le plus possible la liberté de choix aux enfants :

Leonard L. (2017-2019) donne des exemples : “Il y a la veillĂ©e, le soir aprĂšs le repas oĂč on fait des activitĂ©s que l’on choisit… Il y a musique, poterie, peinture de blason, bibliothĂšque et chant. Moi je fais un blason. Dans les veillĂ©es on peut faire aussi de la musique. Le frĂšre Thomas joue de la trompette et le PĂšre Dominique joue de la guitare. Il a quatorze guitares.”

C’est aussi ce que dĂ©clare Corentin V. (2017-2019) : “AprĂšs on va en veillĂ©e. Pendant une heure il y a plusieurs activitĂ©s de proposĂ©es. Il y a chant, Warhammer, Guitare, Poterie ou BibliothĂšque. Le mardi il y a aussi Blason (peinture d’un bouclier). On retourne au dortoir.

Georges dP. (2015-2019) confirme que : “De 20H00 Ă  21H00, on a une veillĂ©e, soit on fait des figurines, soit bibliothĂšque, soit poterie, on choisit ce qu’on veut faire.”

Nino D. (2011-2015) en garde un bon souvenir : “A 19h00 nous allions manger, et Ă  20h00 on avait la veillĂ©e, c’Ă©tait soit un film pour le jeudi soir, ou dans les salles on faisait des jeux de sociĂ©tĂ©s avec les religieux, ou du foot en Ă©tĂ© pour ceux qui voulaient faire du sport.

Basile G. (1995-1997) se rappelle que : “Le PĂšre Argouarc’h on le voyait une fois par semaine. Il Ă©tait prĂ©sent pour les veillĂ©es. Il nous racontait une histoire par semaine. »
« Nous avions conçu la veillĂ©e « escargot », pour ceux qui Ă©taient volontaires pour aller travailler un peu plus. Puis pour ceux qui Ă©taient en retard sur leurs devoirs il y avait une redite d’Ă©tudes Ă  la place des veillĂ©es Ă  thĂšmes, c’Ă©tait appelĂ© les veillĂ©es « limaces »“.

VoilĂ  qui devrait rassurer ceux qui s’imaginent comme Ixchel Delaporte que l’éducation de Riaumont “ne laisse aucune place Ă  l’autonomie” (p. 210) !..

 

Se faire priver de veillĂ©e pour cause de travail scolaire non fait est d’ailleurs une punition redoutĂ©e. Quand les policiers demandent aux anciens pensionnaires quelles Ă©taient les punitions et les sanctions en cours au sein de l’institution ils s’entendent rĂ©pondre :

Laissons la parole Ă  nouveau Ă  Flavio D. (1997-1998) : “Il y avait des privations de veillĂ©es. Plus rarement on ne pouvait pas retourner dans la famille. Personnellement je n’ai jamais eu cette punition

Bob D. (2016-2019) dit : “On a des veillĂ©es le soir aussi. Le lundi et mardi soir moi je joue de la guitare. Le mercredi soir on a un documentaire si on a rendu nos devoirs Ă  temps. Le jeudi ou vendredi soir on a un film.

Quand Ă  Baptiste D. (1991-1995) il se rappelle de mĂȘme qu’au dĂ©but des annĂ©es 1990 : “Le repas Ă  19h00 il me semble, et Ă  l’issue il avait une veillĂ©e oĂč nous faisions des petits travaux manuels, nous regardons des films, des devoirs pour ceux qui Ă©taient en retard, voire mĂȘme des veillĂ©es histoires, Le coucher Ă©tait Ă  22h30… La premiĂšre punition c’Ă©tait la privation des veillĂ©es sympas.

Ces veillĂ©es font l’objet d’une attention particuliĂšre de la part de l’encadrement qui y voit un moyen important de cohĂ©sion du groupe et de formation de chacun :

JĂ©rĂŽme D. (1989-1997)  dĂ©crit encore : “Une veillĂ©e, c’Ă©tait un temps d’activitĂ© encadrĂ© (pyrogravure… etc.) qui se terminait pas la priĂšre. mĂȘme si on avait pu se disputer ou ĂȘtre disputĂ© dans la journĂ©e, le soir et Ă  la veillĂ©e, il y avait toujours une super ambiance.

Felix C. Ă  la mĂȘme Ă©poque (1992-1994) dit : “AprĂšs le dĂźner, souvent nous faisions des travaux manuels, dessins pyrogravure etc. Une forme de veillĂ©e. A la fin de la journĂ©e, il y avait une priĂšre groupĂ©e, devant la cheminĂ©e, oĂč il arrivait au pĂšre Argouarc’h de nous raconter une histoire, de nous bĂ©nir et de nous embrasser avant que nous allions nous coucher. Je prĂ©cise que ça c’est un bon souvenir, cela crĂ©ait une forme de lien de paternitĂ©. Il y avait une vraie unitĂ© Ă  ce moment lĂ .

Quand on demande au pĂšre de RaphaĂ«l C. (2013-2014) de dĂ©crire les soirĂ©es de son fils Ă  l’internat, il rĂ©pond : « ” Il y avait souvent des veillĂ©es. Des prĂ©sentations de programme, un petit discours du PĂšre. C’Ă©tait Ă  la fois de la distraction, de la rĂ©flexion.

Samuel M. (2015-2019) dĂ©clare de mĂȘme : “À 19h30 on arrĂȘte de manger pour faire la vaisselle jusqu’Ă  20h et aprĂšs on part pour diffĂ©rentes veillĂ©es genre Warhammer, bibliothĂšques et trucs comme ça. Le mercredi on a un documentaire ou on est collĂ©s en Ă©tude, le jeudi soir c’est film ou colle aussi et le vendredi soir on est en gĂ©nĂ©ral chez nous. On se couche Ă  21h sauf quand c’est film oĂč lĂ  on va se coucher Ă  22h30“.

Ces veillĂ©es prenaient rĂ©guliĂšrement une dimension plus importante d’ouverture et de socialisation, Ă  l’occasion de fĂȘtes largement ouvertes au public, qui afflue rĂ©guliĂšrement dans le Village.

JĂ©rĂŽme D. (1989-1997) se rappelle : “La tour de gauche servait Ă  ranger les dĂ©guisements, car on faisait rĂ©guliĂšrement des veillĂ©es costumĂ©es auxquelles Ă©taient conviĂ©es Ă©normĂ©ment de gens des environs: des spectacles, comme le village de NoĂ«l par exemple.”

et Loevan dA (1992-1994)  prĂ©cise : “La Saint-Nicolas et le village de NoĂ«l. C’est le regroupement annuel. C’est Ă©galement ouvert aux personnes extĂ©rieures c’est comme une kermesse.

Le pĂšre de RaphaĂ«l C. (2013-2014) y est venu aussi : “village de NoĂ«l qui Ă©tait une grande fĂȘte. Il y avait beaucoup de monde des parents et des gens du voisinage. Il y avait une crĂšche vivante et des ateliers de prĂ©sentation partout.

Monsieur Ludovic C. (bĂ©nĂ©vole) tĂ©moigne de mĂȘme : “surtout pour le village de NoĂ«l qui est assez rĂ©putĂ©. Ce village est assez connu. Beaucoup de monde y vient parfois mĂȘme du bout de la France. Le public qui vient est de toute nature mais ça nĂ©cessite pas mal de travail pour le prĂ©parer. Maintenant, il y a aussi beaucoup d’extĂ©rieurs qui vient aider et donc au final, les tĂąches sont assez bien rĂ©parties.

Mais trĂšs quotidiennement, ces veillĂ©es sont plus simplement le moment de la prĂ©paration au sommeil rĂ©parateur… et donc un Ă©lĂ©ment essentiel de la journĂ©e !

Nino D. (2011-2015) rĂ©sume ainsi ses soirĂ©es : “La veillĂ©e durait une heure, et Ă  21h00 on rejoignait notre dortoir, on se rassemblait dans la petite salle avec le pĂšre pour faire la priĂšre qui durait 10 minutes, et on allait se coucher. Quand on Ă©tait couchĂ©s, il ne fallait plus parler.

Serge B. (1990-1991) a lui aussi bien vĂ©cu ces fins de journĂ©e : “Il y avait une rĂ©crĂ©ation aprĂšs le dĂźner, la veillĂ©e, une petite activitĂ©, la priĂšre et on allait au lit avec interdiction de parler.

CĂ©lestin M. (2018-2019) dĂ©clare : “AprĂšs le dĂźner nous faisons une « veillĂ©e » pendant une heure. Il y a poterie, petit train, nous pouvons jouer avec des figures. Et vers 21 h00 nous allons au dortoir pour nous mettre en pyjama, nous faisons la priĂšre et aprĂšs nous nous couchons.

Leonard L. (2017-2019) ne dit pas autre chose : “Il y a une veillĂ©e aprĂšs le repos du soir, oĂč on nous fait faire des activitĂ©s manuelles ou artistiques (maquettes, poterie, chant…). Elle se finit Ă  21h. On se met en pyjama, on se lave les dents, on dit la priĂšre du soir et on se couche. Il est 21h45.

Le lecteur nous pardonnera ces longueurs, mais il est important qu’il comprenne Ă  quel point l’idĂ©ologie de madame Delaporte l’emmĂšne hors de la rĂ©alitĂ© concrĂšte et quotidienne telle qu’elle apparaĂźt dans les dĂ©positions dont l’authenticitĂ© est garantie par le sceau de la police.

Madame Delaporte a Ă©crit 300 pages sur une Ɠuvre d’enfants qu’elle n’a jamais connue
 et dont elle ne veut rien connaĂźtre en dehors des mĂ©disances, happĂ©e qu’elle est par son dĂ©sir d’instrumentaliser au service de sa haine de la religion catholique les “fantĂŽmes”, et la “hantise” (p. 20.) de ses pauvres tĂ©moins.

 

Les témoins amnésiques de Mme Delaporte 2/3
Ils ne se souviennent plus des Ă©tudes !

Il ne faudrait pas conclure de ce qui prĂ©cĂšde que la formation scolaire des pensionnaires de Riaumont Ă©tait nĂ©gligĂ©e. Toujours sur cette mĂȘme page 70 du chapitre 5 de son ouvrage Madame Delaporte Ă©crit :

Page 70 : “les documents officiels oĂč figure l’emploi du temps que Riaumont communique aux pouvoirs publics comportent, sinon des mensonges, de sacrĂ©es entorses Ă  la vĂ©ritĂ© (…).
Quelques anciens Ă©voquent des devoirs faits avec un Ă©ducateur ou un prĂȘtre mais jamais en collectivitĂ©, comme cela est affichĂ©.

Nous pourrions renouveler l’exercice prĂ©cĂ©dent en citant par dizaines des tĂ©moignages contraires du dossier “Riaumont 1982-2019”, mais il est plus simple et efficace de produire la contradiction qui vient des tĂ©moins qu’Ixchel Delaporte a pris elle-mĂȘme soin de collationner et de citer, ce qui en dit long sur le sĂ©rieux de son enquĂȘte.

On a lu dix lignes plus haut (p.70) , le rapport d’un inspecteur de la direction de l’Éducation surveillĂ©e, extrait d’une archive de 1977, qui atteste que “les quatre directeurs d’Ă©cole de LiĂ©vin” scolarisant les pensionnaires de Riaumont “ont confirmĂ© que leurs Ă©tudes Ă©taient bien suivies” ; ce qui pourrait suffire Ă  clore le dĂ©bat.

Mais Ixchel Delaporte fait mieux encore en relayant bruyamment les rĂ©criminations de quatre potaches paresseux qui 
 se plaignent de la contrainte scolaire qu’ils ont subie Ă  Riaumont
 nous renseignant efficacement au passage sur l’existence effective des Ă©tudes collectives.

Le samedi matin, on avait l’Ă©tude pour faire les devoirs“.
Dorian p.105

AprĂšs l’Ă©cole on faisait notre Ă©tude sous haute surveillance.” Louis (p.251).

Ixchel Delaporte elle mĂȘme Ă©crit (p. 314) : “Rebelle, François est souvent puni, obligĂ© de se rendre en salle d’Ă©tude « aux soirĂ©es limace » pour rattraper le retard scolaire. Ceux qui avaient bien travaillĂ© pouvaient regarder la tĂ©lĂ©vision


Les heures d’Ă©tude
 Louis explique : “On n’avait pas le droit de sortir tant que le chef ne validait pas les devoirs… Je passais donc 5 ou 6 heures Ă  travailler” Louis (p.332).

Cette journaliste ne s’est donc pas relue ni ne s’est fait relire par un correcteur tant soit peu critique. VoilĂ  qui manifeste le caractĂšre brouillon de son travail de rĂ©daction ; voilĂ  surtout qui met en lumiĂšre sa volontĂ© maladive de dĂ©nigrer tout ce qui se fait Ă  Riaumont sur la base de dĂ©tails fonciĂšrement contradictoires, donc parfaitement insignifiants.
La déontologie défaillante de madame Delaporte décrédibilise radicalement son travail éditorial.

Les témoins amnésiques de madame Delaporte 3/3
Ils ne se souviennent plus des activités !

Toujours dans cette mĂȘme page 70 du livre…

Page 70 : “il est Ă©vident que les documents officiels oĂč figure l’emploi du temps que Riaumont communique aux pouvoirs publics comportent, sinon des mensonges, de sacrĂ©es entorses Ă  la vĂ©ritĂ© (…).
Quant aux jeudis, journĂ©e sans Ă©cole, le Village dĂ©taille : « Le jeudi une fois par mois, sortie exploration, enquĂȘte prĂ©sentĂ©e sous forme de jeu. Les autres jeudis : grand jeu, visite d’Ă©tablissements (confiserie, cimenterie, tuilerie, mine image, etc.). » LĂ  encore, personne n’a gardĂ© de souvenirs plaisants d’un jeudi, d’une de ces activitĂ©s ou d’une quelconque sortie.”

Alors puisque elle n’a pas trouvĂ© de tĂ©moins, consultons Ă  nouveau le Dossier des 133 pensionnaires auditionnĂ©s par la police dans le cadre de l’enquĂȘte sur les violences lĂ©gĂšres . Il donne au sujet de ces activitĂ©s un complĂ©ment d’information abondant. Ce n’est pas le Village de Riaumont qui commet des entorses Ă  la vĂ©ritĂ©, c’est Ixchel Delaporte.

Les tĂ©moignages reçus par la police dĂ©crivent une pension au programme d’activitĂ©s ludiques plutĂŽt bien fourni
 L’énumĂ©ration, qui risque de paraĂźtre fastidieuse, est loin d’ĂȘtre exhaustive  !

Pour ceux qui croiraient que cela ne remonte pas au siĂšcle dernier, voici ce que dĂ©clare Ruben G. (en 1991-1994) : “Nous allions Ă  la piscine Ă  Lens, faire de l’Ă©quitation ou du parapente dans un petit village Ă  proximitĂ©.

Et Charles-Antoine (1993-1995) Ă©numĂšre : “Oui, la piscine. Nous avons Ă©tĂ© au Parc Bagatelle, Ă  la fĂȘte foraine. On avait des jetons pour s’amuser. On pouvait Ă©galement aller Ă  la fĂȘte de l’Ă©cole [publique] de LiĂ©vin… Il y avait plein d’activitĂ©s en dehors de l’Ă©cole… “A la mĂȘme Ă©poque (1991-1995) Baptiste D. tĂ©moigne : “Il y avait « activitĂ© » comme une visite extĂ©rieure ou la piscine et sport
 Moi il m’arrivait souvent d’aller passer l’aprĂšs-midi chez des paroissiens, le catĂ©chisme, le sport, le scoutisme, le travail manuel, les activitĂ©s, Ă  savoir les petites visites, une fois nous Ă©tions mĂȘme allĂ©s dans un parc d’attraction, on avait pas mal d’activitĂ©s. Je me souviens d’avoir fait la demande pour aller courir le matin avant la priĂšre, cela avait Ă©tĂ© acceptĂ©.

Charly N. (1991-1999) se rappelle des deux Fjords, de la ferme de Riaumont double poneys qui ont succĂ©dĂ© Ă  Bronco le petit cheval au temps du P. Revet : “Il y avait plusieurs activitĂ©s possibles en fonction de notre goĂ»t, comme la piscine de LiĂ©vin, des virĂ©es Ă  cheval dans les bois.

Éric S. (1995-1995) a Ă©tĂ© marquĂ© par les sorties en bus Ă  Bagatelle : “Les sorties aussi… dans les parcs d’attractions. Nous y sommes allĂ©s aprĂšs PĂąques c’Ă©tait dans le nord de la France, mais je ne pourrais plus vous donner le nom de ce parc.

Et la Police a notĂ© ainsi toute une liste d’activitĂ©s offerte aux enfants de Riaumont “Sorties Ă  l’extĂ©rieur promenades, jeux en forĂȘt, piscine, patinoire, parc d’attraction, sport ou encore fouilles archĂ©ologiques centrĂ©es sur la premiĂšre guerre mondiale.” JĂ©rĂŽme D. (1989-1997).”Sorties, Ă  l’occasion d’Ă©vĂšnements religieux particuliers, qui pouvaient avoir lieu dans toute la France, ou mĂȘme Ă  l’Ă©tranger (Belgique par exemple) Les sorties Ă  la piscine avaient lieu le mercredi, Ă  la piscine municipale de LiĂ©vin. Pour le scoutisme, on partait dans la nature un week-end sur trois environ.” Ludovic M. (1990-1992).

De temps en temps, un cross, parfois on allait Ă  la piscine, au musĂ©e. On faisait aussi des voyages en Angleterre.” Lucien B. (2012-2016).

Parfois on allait faire du vélo, des randonnées. Tous les mercredis, on allait courir.
Le foot c’Ă©tait sur le terrain de l’institution, les randos et la course, c’Ă©tait jusqu’Ă  un monument canadien.” Bilal S. (2013-2015).

On visitait Ă©normĂ©ment de choses. On est allĂ©s en Pologne, Ă  la montagne, en Alsace, Ă  Paris, en Franche-ComtĂ©.” Joris M. (2012-2014).

On est allĂ©s Ă  la piscine et aussi faire du ski sur les terrils amĂ©nagĂ©s en piste.” RaphaĂ«l C. (2013-2014).

On va Ă  la piscine le dimanche. Une fois, il y a deux ou trois ans, on est allĂ©s au cinĂ©ma et au cirque.” Felix B. (2015-2019).

La piscine et le laser game c’est Ă  LiĂ©vin. Pour les activitĂ©s spahis c’est le plus souvent au terril. Les camps se dĂ©roulent en France ou en Europe. Le dernier camp s’est dĂ©roulĂ© en Écosse.” Victor B. (2017-2019).

On va des fois Ă  la piscine le dimanche quand on n’a rien Ă  faire 
 Y’en a qui sont dĂ©jĂ  allĂ©s au laser game
 La derniĂšre fois on est allĂ© au musĂ©e d’art pas trĂšs loin d’ici, on a vu plein de mĂ©tiers diffĂ©rents, c’Ă©tait bien. Y’a des week-ends scouts aussi, on fait des camps. On les fait au terril, dans la grande forĂȘt, j’aime bien. C’est le pĂšre Dominique qui vient, avec sa guitare.” ÉzĂ©chiel H. (2017-2019).

Le samedi c’Ă©tait comme le mercredi avec plein d’activitĂ©s. Le dimanche on faisait ce qu’on voulait aprĂšs la messe, et l’aprĂšs-midi on nous emmenait Ă  la patinoire ou Ă  la piscine, parfois faire du ski sur les terrils.” JosuĂ© P. (2013-2015).

Alors quand Delaporte affirme :  « personne n’a gardĂ© de souvenirs plaisants d’une de ces activitĂ©s ou d’une quelconque sortie », elle devrait prĂ©ciser : personne parmi les gens que j’ai interrogĂ©s, Ă©tant entendu que j’ai dĂ©cidĂ© de n’interroger que “les silencieux, les oubliĂ©s, les cabossĂ©s, les abĂźmĂ©s. Pour qu’ils tĂ©moignent et se libĂšrent” et surtout pas “ceux qui protĂšgent Riaumont, mĂ©diatiques, accessibles et disposĂ©s Ă  parler” (p.21) !

Le problĂšme de sa ligne Ă©ditoriale qui se voulait gĂ©nĂ©reuse et pleine d’empathie, c’est qu’elle est malhonnĂȘte dans son principe, en ce sens que Mme Delaporte a dĂ©cidĂ© de n’entendre qu’un son de cloche. Ce qui donne de la rĂ©alitĂ© une reprĂ©sentation biaisĂ©e, totalement dĂ©formĂ©e, comme on l’a assez suffisamment dĂ©montrĂ© ci-dessus.

Le Village de Riaumont a accueilli un nombre important d’enfants gravement traumatisĂ©s par leurs antĂ©cĂ©dents ; qui subissaient souvent leur placement, contraints et forcĂ©s, non par la cruautĂ© de Riaumont mais par celle de leur situation familiale. Que certains aient mal vĂ©cu leur passage au Village et en aient gardĂ© un souvenir trĂšs critique est une chose, et il est normal de leur donner la parole.

Mais il Ă©tait inadmissible de ne vouloir entendre qu’eux ; plus encore de ne vouloir les croire uniquement quand ils dĂ©nigraient l’institution. On a ici un avant-goĂ»t de la thĂšse absurde du  “Syndrome de Stockholm”, qu’ Ixchel Delaporte va dĂ©velopper ensuite et Ă  laquelle elle consacrera son chapitre 18. Cela consiste Ă  Ă©liminer par principe tout Ă©lĂ©ment d’apprĂ©ciation favorable Ă  Riaumont dans les tĂ©moignages qu’elle recueille au nom d’une supposĂ©e aberration psychiatrique.

Faisons ici le bilan de ce qui ressort de la lecture des pages qui précÚdent :
Des pans entiers de la rĂ©alitĂ© objective ont incontestablement disparu du tableau que cette journaliste prĂ©tend donner de Riaumont. Travestis par les effets dĂ©formants d’une idĂ©ologie qui ne prend mĂȘme pas la peine de se cacher, les souvenirs pĂ©nibles d’une poignĂ©e d’anciens pensionnaires soigneusement sĂ©lectionnĂ©s prennent sous la plume de Mme Delaporte une consistance fantasmatique proprement dĂ©lirante. Et des lecteurs crĂ©dules en resteront lĂ …


đ—»Â°đŸ­đŸŹÂ /𝟭𝟬 [đ•€Ă©đ•Łđ•šđ•– đ•—đ•’đ•”đ•„-𝕔𝕙𝕖𝕔𝕜𝕚𝕟𝕘 >>< livre d’Ixchel Delaporte]

[Table de ces 10 đ…đšđ€đž 𝐍𝐞𝐰𝐬]

 

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