Jehanne & Thérèse

Esprit d’enfance & Spiritualité de combat

Simplicité & Générosité

« Je veux t’aimer comme un petit enfant Je veux lutter comme un guerrier vaillant » (écrivait Ste Thérèse)
Faire le rapprochement entre l’héroïsme de Jeanne d’Arc et la  » petite Thérèse  » pourrait apparaître comme étonnant à première vue. Les vocations de ces deux femme semblant aussi différentes que les deux aspects de la vie de Notre Seigneur :   vie cachée et vie publique. Qu’est-ce que l' »Histoire d’une âme » de Ste Thérèse derrière les grilles de son Carmel a à voir avec l’épopée extraordinaire d’une Ste Jeanne d’Arc ? L’une a été reconnues par l’Église  près de 500 ans après sa mort alors que l’autre 27 ans seulement après sa mort.

Oui, mais toutes deux à cinq ans d’intervalle. Et toutes deux ont été proclamées Patronnes secondaires de la France, au siècle où est né notre scoutisme.
Dans sa  Prière missionnaire où le P. Jacques Sevin s’adresse au  Cœur de Jésus (sur l’air de la prière scoute), il lui demande  :
« Formez en nous des cœurs de Missionnaires…
Et comme nos Sœurs Sainte Jehanne et Sainte Thérèse
Jaloux de conquérir à leur Christ tous les cœurs de l’univers »

Jehanne , « comme une grande sœur » et « Thérèse de l’Enfant-Jésus  et de la Sainte-Face qu’on oublie toujours »…  Ainsi que le dit notre cérémonial d’Engagement des Guides-Aînées :  » Soyez bénie à l’image de sainte Jeanne d’Arc qui faisait tout volontiers et dont la droiture se faisait si gaiement insolente ; si pure qu’elle ne troubla jamais les soudards qui l’entouraient… Soyez bénie à l’image de sainte Thérèse de l’Enfant Jésus  qui fit des mille et une miettes de la vie quotidienne autant de perles précieuses.  »
Il faudrait pourtant se garder de les opposer l’une à l’autre, dans un simplisme qui attribuerait seulement à Jehanne l’héroïsme d’une spiritualité de combat, et à la petite Thérèse la seule vertu d’enfance. En y réfléchissant, on retrouvera aisément des qualités communes chez l’une et l’autre, comme la simplicité, la générosité, la jeunesse  d’âme, etc…
D’ailleurs ste Thérèse avait une dévotion particulière pour l’héroïne d’Orléans, lui consacrant des poèmes, et deux pièces de théâtre, où elle joua à chaque fois le rôle de la sainte ! Étonnante photos qui ont franchi les grilles du Carmel où l’on voit la petite carmélite déguisée, les cheveux en bataille, et enchaînée comme Jeanne d’Arc…
« Et toi, petit enfant, tu seras appelé prophète du Très-Haut, car tu marcheras devant le Seigneur pour préparer ses voies » chante l’Église avec Zacharie, chaque matin aux Laudes, dans le cantique du Benedictus… « Il renverse les puissants de leurs trônes, et exalte les humbles » chante encore l’Église avec la Vierge Marie, chaque soir aux Vêpres, dans le cantique du Magnificat…

Conclusion :
Le Père M. D. Forestier faisait remarquer que la spiritualité du camp de Chamarande « comportait des méditations tirées de l’Évangile, et s’inspirait de la petite voie de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, du Père de Foucauld et de l’élan missionnaire. On y évoquait Saint Louis, Jeanne d’Arc et les grands souvenirs de la chrétienté »
Ces figures de sainteté sont incontestablement liées au scoutisme catholique de France. On pourrait développer les vertus de Franchise à travers la joyeuse simplicité de Jehanne comme de la petite Thérèse. Illustrer leur Dévouement  pour une mission bien surnaturelle. Et célébrer la Pureté : de la pucelle comme de la vierge consacrée.
Or ces deux saintes furent toute deux nommées patronnes secondaires de la France, et révélées à l’aube du XXème siècle comme le scoutisme. Il n’y a pas de hasard, mais il est permis d’y reconnaître un signe de la Providence pour « cette Gallia sacra … de Jeanne d’Arc, la vierge guerrière, la sainte de la patrie, à Thérèse de l’Enfant-Jésus, la vierge du cloître, la sainte de la “petite voie”  »
Plus encore, on peut y voir l’illustration des deux « pôles » de notre spiritualité (cf. branches jaune & rouge) illustrant les tensions de l’adolescence, entre l’enfance et l’âge adulte. Le scoutisme ayant d’abord été conçu pour l’âge éclaireur, il est naturel de retrouver dans sa spiritualité ces deux pôles :

  • Esprit d’enfance : simplicité joyeuse, enthousiasme, spontanéité et confiance d’un cœur de Louveteau / Jeannette.
  • Spiritualité de combat : générosité chevaleresque, force et maîtrise de soi d’une âme de Routier / Guide-Aînée.

Pris isolément,  » ce qui de chaque âge ne doit jamais mourir », pourrait aussi dégénérer !  Garder un toute sa vie un cœur de louveteau ne veut pas dire puérilité sentimentale et infantilisme… Garder la force d’une âme de feu sur la route ne veut pas dire non plus volontarisme orgueilleux et violence…
Ste Jeanne d’Arc comme ste Thérèse de l’Enfant Jésus illustrent bien ce bel équilibre des deux. Elles ont été données comme patronnes secondaires de la France, elles ont été choisies aussi pour les  scouts comme modèle privilégiés.

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