Cursus et terminologie

Organigramme type d’un Clan

Apprentissage

Il correspond à la première année de vie au Clan. Il faut bien un an pour comprendre qu’on est seul à créer sa vie. Terrible et grandiose liberté que celle accordée par Dieu.
C’est pendant cette année que l’on coupe le cordon ombilical qui lie les vieux C.P. à la Troupe, grâce à des activités d’équipes énergiques, très physiques. Il n’est pas question à ce moment de service individuel. L’apprenti a besoin d’aventures viriles et d’amitié solide, non de grands discours. Ses relations avec la Troupe sont équivalentes à celles du scout avec la Meute : quasi inexistantes.
Quand une équipe d’apprentis est enfin soudée par les efforts dispensés par une année de crapahutage, elle peut donner énormément pour celles qui vont suivre. Mais il ne faut en aucun cas brûler les étapes.
On apprend d’abord aux apprentis à dominer certaines difficultés matérielles, physiques et relationnelles, avant d’ingurgiter des encycliques. Le jeune routier travaille d’abord les aptitudes qui pourront ensuite être lises au service du Bien.
Au bout d’un an d’apprentissage s’opère une décantation, surtout à l’issue du grand camp d’été. La motivation se mesure au fil de l’année et l’évolution de la maturité y est souvent proportionnelle.
En cas de doute sur l’aptitude réelle du garçon, le chef de Clan et l’aumônier, voire le conseil de clan, opteront éventuellement pour la prolongation de l’apprentissage, de six mois à un an. De toute façon – est-il besoin de le rappeler ? – le scoutisme n’est pas un moule réducteur, la période de formation est plus ou moins longue selon les spécificités de chacun, à condition qu’il y ait bonne volonté.
L’apprenti doit avoir senti avant d’entamer la phase de compagnonnage que la Route est l’étape de l’ascension de l’âme : « Es-tu décidé à faire de ta vie un progrès permanent en esprit chrétien, en maîtrise de toi, en force de caractère, en droiture, dévouement, pureté, et à faire en toute chose aujourd’hui mieux qu’hier et demain mieux qu’aujourd’hui ? »(Cérémonial du Départ-Routier).

Compagnonnage

La période de Compagnonnage est formalisée par le port des flots marrons, symbole de dépouillement. Le marron est la couleur des chemins poussiéreux sur lesquels le routier est appelé à marcher, souvent seul; couleur de le terre sur laquelle on doit se sanctifier pendant les années que nous accorde le Bon Dieu, couleur de la bure franciscaine…
Ces flots désignent l’engagement du routier à se préparer au Départ. Il effectue préalablement un raid de compagnonnage édicté selon les vues de son parrain, qu’il aura choisi lui-même parmi les R-S de sa connaissance. Cette phase se matérialise également par la rédaction d’une « lettre de compagnonnage » qui résume au parrain la parcours scout du routier, ses attentes vis à vis du Départ, les points faibles qu’il souhaite voir améliorer grâce aux conseils de son aîné. Cette démarche nécessite réflexion et humilité. Elle symbolise magnifiquement la confiance inhérente à la véritable amitié scoute, amicita de Notre Seigneur à l’égard des apôtres et des routiers d’Emmaüs.
C’est pendant cette période, voire dès son début, qu’est arrêtée la forme du service. Elle dépend des aptitudes et des goûts du compagnon ainsi que des besoins du moment au sein de l’unité ou du groupe scout.
La formation commence véritablement à cet instant, de façon plus ou moins magistrale avec le parrain et le C.C., tout en suivant le rythme des camps, avec leurs marches, leurs découvertes, leurs fatigues, leurs entreprises de clan, leurs joies, …
Après chaque activité, le C.C. qui oriente de façon générale la formation de chacun en vue du but ultime qu’est le Départ, fait le point sur ce qui a été positif ou non.
Si le Compagnon part en service à la Troupe ou à la Meute, il doit poursuivre sa formation de routier en étroite relation avec son parrain. Si le calendrier le permet, il lui est vivement conseillé de participer à quelques activités de Clan. Celui qui reste au Clan peut devenir chef d’équipe ou endosser des responsabilités de spécialiste (économe d’unité, chargé de relation publiques, rédacteur de topos, etc…). Les services peuvent également se réaliser en dehors du Mouvement (aide familial, pompier bénévole, visiteur de prison,…).
La durée du Compagnonnage est variable selon le cursus et les qualités du routier. Mais il est vain de prétendre au Départ sans une évolution du caractère et une amélioration de la vie intérieure acquise en moins de deux années.
Le Départ-Routier n’est pas un viatique, une sorte d’encouragement donné aux routiers qui partent, ni la reconnaissance d’une simple bonne volonté. Il entérine un état et un engagement dans l’Ordre scout qui impliquent un certain degré d’équilibre effectivement obtenu.
Les critères du Départ constituent le bagage minimal pour devenir R-S. Mais il n’y a pas de programme strict comme celui d’une épreuve de classe ou de brevet, mais il existe un niveau général de conscience que le compagnon doit atteindre suivant un cheminement défini avec le parrain.
Les critères sont divisés en quatre principaux groupes destinés à former un type de chrétien routier incarnant des valeurs physiques, morales, intellectuelles et spirituelles. Le Départ est donc réservé à celui qui satisfait à plusieurs exigences faisant de lui un homme complet. On n’admettra pas un brave garçon parce que brave, ni un homme brillant parce que brillant. Etre capable de se laver à l’eau froide et courir un 1000 mètres, sont des critères aussi rédhibitoires que la connaissance des dix commandements ou les impératifs du septième sacrement.
Le R-S n’est pas un surhomme pour autant, mais il est parfaitement conscient de ses devoirs en faisant le choix de la spiritualité scoute comme style de vie, tant sur le plan social que sur celui de la vie intérieure. Il constitue un pôle de rayonnement, un maillon d’une chaîne de prière active : « Je demande à être considéré comme toujours de service ». Ce n’est pas la retraite !
C’est donc un engagement pour la vie à travers lequel le routier renouvelle sa promesse de jeune éclaireur. Cela devrait normalement marquer le commencement d’un effort plus énergique ; trop souvent mal préparé, bâclé ou incompris, il souligne malheureusement une stabilisation dans une honnête médiocrité.
Trois camps d’été constituent un minimum pour pouvoir prétendre avoir compris la dimension de la Route. Qu’est-ce que trois ans quand il s’agit de prendre un engagement pour la vie qui ne soit pas dévalué par mondanité ou complaisance ?

Chapitre

Le chapitre : La terminologie monastique se retrouve souvent dans le vocabulaire scout. Le lien de parenté est somme toute facile à trouver compte tenu de la nécessaire ascèse pour correspondre aux desseins de Dieu.
Précieux et délicat exercice de correction fraternelle, le chapitre se tient deux ou trois fois pendant le grand camp et marque également le début de l’année scoute, celle-ci s’en voyant émaillée suivant les besoins. Il a pour but de rectifier les erreurs tant individuelles que collectives. Sa forme s’apparente à celle d’une Cour d’Honneur, à la différence près que tout le Clan peut être appelé à y siéger.
Il requiert une certaine expérience de la part de la maîtrise afin d’éviter tout débordement. Il s’agit en effet d’être décapant sans être blessant, en rappelant à chacun la dure réalité des devises du scoutisme : être prêt à servir de notre mieux. Telles sont les références permanentes du chapitre

Conseil de Clan

Le Conseil de Clan est seulement composé du C.C., de l’aumônier et des R-S. Il définit les grandes orientations de l’année pour le Clan ainsi que le cheminement de chaque routier (camp, calendrier, services, entreprises, …).
Cet organe suprême examine les candidatures de chefs d’équipes et de compagnons prétendant au Départ. Selon les besoins, le C.C. y invite plus ou moins largement les C.E.
« Le conseil de Clan, si on lui donne son véritable rôle, sera certainement un des moyens les plus efficaces pour permettre aux routiers de devenir des hommes libres et fidèles au meilleur d’eux-mêmes ».(Le Chef – oct.1952)

Commandement

Formalisme du commandement : Le C.C. porte les barrettes rouges, couleur du sacrifice et de l’amour des autres, son assistant affichant les mêmes barrées de marron.
L’A.C.C. est soit un C.R. en fin de préparation au Départ, soit un R-S. Il est le garant des traditions, assure la formation sur le terrain en donnant le ton aux C.E. Cela permet au C.C. de définir la politique générale du Clan et de suivre les routiers même à distance, en dehors des camps, pendant l’année scolaire, par voie de courrier, de conseils, de topos,…
Le C.C. doit être sensiblement plus âgé que ses routiers, ne serait-ce que pour répondre aux questions inhérentes à la période 17 – 23 ans : l’orientation professionnelle, le service militaire, la vocation, les femmes, les relations avec les parents, etc… Il doit être disponible, patient, doté d’une personnalité marquante, afin d’inspirer confiance et enthousiasme.
Les chefs d’équipes se reconnaissent aux deux bandes de poitrine rouges portées à l’instar des C.P. Le Père Doncoeur disait du C.E. : « il est un des leurs ». C’est à dire que son commandement à l’égard de ses équipiers (4 ou 5, pas plus) est souple, moins dirigiste que celui d’un C.P. Il est à peine plus âgé que ses routiers, est confronté aux mêmes problèmes, ce qui facilite les relation naturelles au sein de l’équipe. Le C.E. est l’intermédiaire entre le C.C., l’aumônier et les routiers, ces derniers étant tous sur le même plan hiérarchique.
Les relation et l’exercice de l’autorité du Clan sont sensiblement différente du cadre de la troupe. Compte tenu de la discipline volontaire des routiers et des similitudes d’âges, la vie de l’unité repose essentiellement sur le sens de l’initiative de chacun. On reconnaît un Clan aguerri quand, à l’issue d’une étape, le bivouac et le feu se monte sans que le chef ait intimé quoi que ce soit.

Un des rôles de la maîtrise de clan est de relier les routiers à l’Histoire, de leur faire prendre conscience de la durée humaine et du plan de Dieu, de les aider à sortir du monde verbal des intentions, de les aider à devenir des hommes tendus vers l’avenir en même temps que solidement enracinés.

R.P. Forestier

Symbolisme

Symbolisme : Le Clan ne possède pas d’étendard mais un fanion formé d’un carré d’étamine de 25 cm de côté prolongé par deux dents arrondis longues de 12 cm. Le fond rouge est chargé recto-verso d’une croix blanche dont les bras ont 8 cm de large et dont le centre porte l’insigne de l’Association qui s’inscrit dans un carré de 11 cm de côté. Le fanion se fixe par 5 ganses à un bâton fourchu portant un jeu de flots routiers (jaunes, verts, rouges). Il se porte à l’épaule ou tenu à la main droite comme les fourches des R-S.
Outre le bâton fourchu, le route a comme symbole la hache, outil remis au Départ pour frayer le chemin du postulant : « Si la route te manque, trace-la ». Elle symbolise la force, l’honnêteté, la rectitude, le service, l’âge adulte.

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