Nous sommes Jeunes

Rester jeunes

Nous sommes jeunes et nous voulons absolument le demeurer. Au surnaturel, tout nous intéresse et c’est avec un cœur jeune et des yeux jeunes que nous abordons le monde, les âmes et la vie. Notre allure, notre langage, notre esprit, nos méthodes, sont aujourd’hui et non d’hier, car notre christianisme est toujours neuf, et pour nous, chaque jour qui naît, l’Ordination c’était ce matin, la première messe, c’est celle de demain. Dieu aidant, nous ne nous habituerons jamais à notre sacerdoce, nous ne nous y installerons pas, et, jamais blasés, jamais désabusés, nous conserverons jusqu’au bout le même émerveillement devant les splendeurs de la nature et de la grâce, le même enthousiasme pour aller aux âmes, la même fraîcheur d’amour pour Jesus et pour Marie. Mûrir, soit, comme le blé ou la grappe, pour le sacrifice ; mais vieillir n’est point propos de prêtre  : on ne consacre pas de vieilles hosties !

Père Sevin. Positions Sacerdotales règle n° VII

Enseignement de Cham.

Et puis nous sommes jeunes. Ce qu’on fait à Cham ? Apprendre aux enfants à devenir hommes en apprenant aux hommes à devenir enfants. La jeunesse d’âme, l’enfance spirituelle doivent être de nos caractéristiques les plus chères. L’ingénuité de l’enfant qui s’ignore, sa confiance aveugle, son abandon total en l’affectueuse autorité paternelle ou maternelle, tout cela transposé dans le domaine surnaturel et réglant nos rapports avec Dieu, voilà encore ce qui doit rayonner de nos âmes et de nos visages, ce qui nous aidera à tenir notre promesse – la quatrième promesse des scouts, celle de ne jamais vieillir.

Père Sevin. Pour penser Scoutement 1931 p. 143- Vers un Ordre Scout. Le Chef n° 79 p. 8

Goût d’être jeune

Et le Père Doncœur cherchant à décrire ce style, dans un discours de magnifique envolée et tout entier à relire, déclarait que l’élément le plus typique en était « le goût, la volonté d’être jeune » . […] Jeune de fait, et jeune d’intention, jeunesse par opposition à vieillesse d’âge, mais surtout à se vieillissement qu’est l’habitude au sens d’établissement d’ossification ; jeunesse d’âme s’opposant à scepticisme ; faculté d’admirer s’opposant à être blasé, goût d’entreprendre se heurtant aux À quoi bon ? Des sages et des prudents selon la chair (Chef, mars 1932, ou Etudes, 20 février 1932)
Père Forestier, Spiritualité des S.d. F. 1940, in Scoutisme, méthodes et spiritualité p.111

Pie XI

Scouts  : il ne suffit pas d’être jeune pour l’être, pour être scout, il faut une certaine dose de force et de courage, une disposition constante au calme et à la réflexion. […]

Le Pape 6 septembre 1925 Pie XI

Guy de Larigaudie

Le Paradis de mon espérance d’homme est demeuré le même, exactement, que le Paradis de mes rêves d’enfants
Guy de Larigaudie Étoile au grand large

Toujours actuelle

[…] conserve perpétuellement à travers les générations cette allure de jeunesse « invieillissable » qui est le reflet de celle du Christ et de son Eglise et leur éternel attrait.

Père Sevin. Position de la Sainte Croix de Jérusalem 1947. Jeunesse 20

Rajeunir

La règle la plus importante de la vie spirituelle est qu’il faut sans cesse rafraîchir le regard que nous devons porter sur les choses essentielles.

André Charlier. Invention à deux voix

L’enfant

L’enfant est beaucoup plus sérieux que les grandes personnes, parce qu’il croit que toutes les choses ont un sens et qu’il est curieux de découvrir le sens de tout […] Pour lui il n’y a plus de frontière entre le naturel et le surnaturel, le naturel étant déjà un miracle. Ainsi le monde est pour lui merveilleusement simple et sans énigme […] André Charlier. Lettres aux Capitaines

Élan, spontanéité

C’est ensuite (B), l’esprit scout, un esprit d’élan et de spontanéité. Où manque cette spontanéité, il n’y a ni scoutisme, ni esprit scout. Mais les élans spontané sont signe de jeunesse d’âme et de liberté de cœur (voir Pos. 7  » jeunes  » et 9  » libres « )  ; On ne les rencontre plus chez les vieux et les  » assis « , qui sont bien souvent des installés, des attachés. Or un scout est par définition un garçon qui bouge et qui a juré de ne jamais vieillir.
Père Sevin. Tour aux 4 visages 1941. II ; Sainteté Scoute p. 9

Moderne, choc

[…] Votre sainteté sera moderne. Elle sera moderne sans être révolutionnaire […] Elle sera moderne parce que ces vertus traditionnelles, vieilles comme le christianisme, de foi intégrale, d’humilité, de renoncement, de charité universelle, vous leur donnerez un visage si nouveau, un regard si intrépidement candide, que le monde s’imaginera ne les avoir jamais vues et tressaillira au choc de votre jeunesse.

Père Sevin. La Tour aux 4 visages. Sainteté Moderne p. 29

Récipient

Vin nouveau se met en outres neuves
Mc 2, 22. cité par le Père Sevin dans les Positions de 1947 au n°26

Introït

Introibo ad altare Deum, ad Deum qui laetificat juventutem meam.
Psaume 52 selon la Vulgate (mais non l’Hébreux) . Evoqué par le Père Sevin dans Positions 1947 p.11 au n° 19 – Jeunesse

Enthousiasme

[…] nous sommes enthousiastes, et nous croyons que c’est la vertu. Nous avons l’enthousiasme de notre vocation, de la sainteté à atteindre, de notre apostolat, et nous nous y livrons avec tout l’élan et tout l’allant que nous donne la certitude que nous avons Dieu en nous et que nous Le portons aux autres.
Père Sevin. Positions 1947 p. 12 Compagnie Apostolique

Enthousiasme

Cet enthousiasme n’est pas fait d’ignorance des difficultés, ni de manque de réflexion ou de pondération. Fruit d’un esprit de foi qui doit augmenter à mesure que nous avançons dans la vie religieuse, il va croissant avec les années et rien ne peut le décourager, l’éteindre, ou nous blaser. À qui dirait :  » vous croyez que c’est arrivé, notre enthousiasme nous fait répondre  :  » Nous croyons, et cela arrivera !  »
Père Sevin. Positions 1947 p. 12 Compagnie Apostolique

Bénédictins

On est citoyen de ce royaume par l’acceptation intérieure de certaines conditions, ou plutôt d’une condition unique  : l’enfance… Newman, dans un travail sur  » la Mission de Saint Benoît « , a donné la douceur, la tendresse de cœur, la simplicité des petits enfants, leur claire perception de l’invisible et leur acquiescement facile au mystère, comme les caractéristiques du moine. On ne saurait faire de notre vie monastique un plus bel éloge.
Commentaire de l’Évangile (Mc 10, 13) par Dom Delatte Tome 2 p. 111

Don Delatte

Plus je vais, plus je reconnais ma vocation essentielle  : je ne suis que fils, je ne suis qu’enfant.
Dom Delatte, 3ème  Père Abbé de Solesmes dans sa vie (par D. Savaton) p. 356-357

Péguy

Le monde est toujours à l’envers, dit Dieu.
Et dans le sens contraire.
Heureux celui qui resterait comme un enfant, et qui comme un enfant garderait cette innocence première.
Charles Péguy, le Martyre des Saints Innocents, p.785 dans l’édition des Œuvres Poétiques de la Pléiade

Vrais enfants de Dieu

Ceux-là, dit l’Apôtre dans une incomparable formule [Rom. 8, 14-15], ceux-là sont les vrais enfants de Dieu qui se laissent conduire [aguntur … passif] par l’Esprit de Dieu. Toute la vie surnaturelle, qui a commencé par la foi et le baptême, se ramène à la docilité, à la souplesse, l’abandon aux influences de l’Esprit de Dieu. […] Et cette formule a jamais bénie, dans laquelle est recueilli tout le charme, tout le devoir de la vie surnaturelle, nous a été donnée par le plus actif de tous les hommes, par celui qui, avec Saint Benoît et avec Abraham, a laissé dans le monde par sa doctrine et par ses œuvres la trace la plus étendue comme aussi la plus profonde. D’après Saint Paul, la vie surnaturelle, l’être des enfants de Dieu, se résume dans la dépendance joyeuse, dans l’acquiescement intérieur à l’influence divine, dans un Adsum ! cordial donné à la voix de Dieu.
Dom Delatte. Commentaire sur l’Épître aux Romains p. 668-669

Jeunesse = Type

C’est ainsi qu’en ce qui concerne l’état de l’homme, nous voyons ce fait que la perfection est dans la jeunesse et qu’on se maintient, soit avant soit après, dans un état d’autant plus parfait qu’on est plus près de sa jeunesse.
Saint Thomas d’Aquin. Somme Théologique II II ae Q 1 art 7 ad. IV um ; RJ p. 51 – 52

La Vierge pure

Le regard de la Vierge est le seul regard vraiment  « enfantin », le seul vrai regard d’enfant qui se soit jamais levé sur notre honte et sur notre malheur.
Bernanos. Journal d’un Curé de Campagne – Pléiade p. 1194

Elément caractéristique

Quel est l’élément caractéristique de ce style, celui, non pas auquel se réduise la pensée scoute, mais qui à la façon d’un ferment travaille le plus universellement sa masse, informe ses activités, ses gestes, et qui d’un trait de race, d’une marque de fabrication, signe toutes ses pièces ? On peut en proposer plusieurs et subtiliser.
Au risque de parler avec candeur, mais préférant cette simplicité à des raffinements, je dirai que le scoutisme n’a rien tant à cœur que d’être jeune […] , des jeunes qui veulent être, rester jeunes, au besoin le redevenir, voilà, je ne dis pas le propre ni tout le scoutisme, mais c’en est une condition préalable et nécessaire. Sustantiellement mouvement jeune […] [p. 52] Le scoutisme n’est au fond qu’un système d’éducation qui trouve dans des disciplines sévères le moyen d’épanouir les qualités de la jeunesse.
P. Doncœur . Cahier du Père Doncœur n° 22 p. 46 – 47 et p. 52 De la vie chrétienne à propos de nos routiers. Le Chef Mars 1932 ; ou Etudes Février 1932 sous le titre Préface pour les jeunes chrétiens

Jeunesse de la grâce

(p. 48)Le péché a été la source de notre vieillissement de cœur. Peu à peu, le scepticisme s’est insinué ; il a entravé la   » Petite Espérance « , la délicieuse enfant au cœur léger qui courait en avant de ses grandes sœurs théologales.
(p. 53) L’Esprit Saint,  » Source vive « , qui est plus jeune et plus audacieux que le plus jeune d’entre nous, est la source même de cette grâce et de cette garantie.
Cette fraîcheur de la Foi est l’apanage des Saints et des enfants, toutes gens pour qui le divin   » existe  »
Père Doncœur. Cahier du Père Doncœur n° 22 p. 48 et p. 53 De la vie chrétienne à propos de nos routiers 1931 au premier congrès des Chefs Routiers SdF à Paris 25-26 décembre. Publié dans le Chef de mars 1932. Cité p. 43 du n° 22 des Cahiers du Père Doncœur

Elan

 » [ » au contraire de tout cela  » p. 48-49 idem] La jeunesse est […] vitalité débordante. Une sève monte en elle qu’elle vit croître à l’exercice, à la dépense même. Cette ivresse lui donne un élan, une hardiesse qui exalte la difficulté, le combat, le danger. Elle en a, c’est évident, les intempérances et les instabilités. L’art d’un chef de jeunes hommes consiste à protéger l’essor dont ils sont capables par la sagesse dont il a le secret.
(p. 61)  » Je vous écris, jeunes gens, parce que vous êtes forts ! Le tendre et vieux saint Jean ne grondait point cette vigueur.  »
Père Doncœur. Cahier du Père Doncœur n° 22

Enfant

Espérance
 » La foi est une épouse fidèle.
La charité est une mère ardente.
Mais l’espérance est une toute petite fille.
La foi que j’aime le mieux dit Dieu c’est l’espérance.
… Et je n’en reviens pas.
Cette petite Espérance qui n’a l’air de rien du tout …
C’est cette petite fille pourtant qui traversera les mondes.
Cette petite fille de rien du tout …
Car c’est- elle qui entraînera tout,
Et singulièrement ses deux grandes aînées.
Car la foi ne voit que ce qui est.
Et elle voit ce qui sera.
La charité n’aime que ce qui est.
Et elle aime ce qui sera.  »
Charles Péguy, Mystère des saint Innocents III p.173, cité dans les cahiers du Père Doncœur n°2 p.44 et suivantes

Fougue de la jeunesse

[…] espérer des vues plus vastes, des vouloirs plus audacieux, une préférence donnée au risque sur la sécurité, un élan vers le don et le sacrifice, un certain mépris des calculs, fussent-ils la sagesse même, un étrange oubli des expériences fâcheuses pour affronter d’un cœur sans bagage les mêmes obstacles avec la confiance en son entourage pour en avoir raison. C’est cela, si l’on peut dire, la Jeunesse pure, la Jeunesse comme telle, essentielle […] Père Doncœur, Cahiers de Sainte Jehanne, fév. 1958 p. 49  » Il y a jeunes et jeunes

Ne pas étouffer la flamme

Si les mauvais maîtres sont redoutables, les plus nocifs sont ceux qui useraient de leur ascendant pour éteindre en leurs disciples la jeunesse dans leurs cœurs. Peut-être le Christ voulait-il parler d’eux, quand il dénonçait ceux qui  » scandalisent les petits […] Ainsi la  » Nouvelle vague  » est-elle livrée aux caprices des vents qui la briseront sur les rochers.
Père Doncœur, Cahier de Ste Jehanne fév. 1958 p. 52  » Il y a jeunes et jeunes « 

Jeunesse

Mais en face de ces démons qui renaissent de siècle en siècle, sommes une jeunesse, Messieurs, sommes la jeunesse de Dieu, la Jeunesse de la fidélité ! Et cette jeunesse veut préserver, pour elle et pour ses fils la créance humaine, la liberté de l’homme intérieur.
M. de Charrette. Cf. p. 28 (= début)

Petite voie

Aux chefs élèves du camp école de Chamarande, le Père Sevin aimait à parler de la petite voie de Sainte- Thérèse de Lisieux. Il faisait remarquer qu’elle convient aux chefs, dans une méthode qui demande de se rendre semblable aux enfants qu’on prétend élever.
Père Forestier. Scoutisme route de liberté p. 326

Âme, jeunesse et vieillesse

Sans doute dans le corps la jeunesse et la vieillesse ne sauraient être simultanées ; mais l’âme peut à la fois être jeune et vieille  : jeune en raison de son ardeur, vieille en raison de sa sagesse.
potest tamen simul esse in anima  : illa propter alacritatem, ista propter gravitatem.
Saint Augustin. Libro Retractationum 1, 26 cité par Saint Thomas d’Aquin à l’ad. Ium. Q1 art 6 de la III a pars

Sa force

Le saint n’a pas de force en lui  : toute sa force est en Dieu. Ce n’est qu’un enfant.
P. Chevignard. La doctrine spirituelle de l’Évangile ch. III p. 41

Charme, grâce

Lignes souples et élancées, couleurs joyeuses et vivantes, franchise du sourire et clarté des yeux qui livrent l’âme d’un seul coup, jusqu’au fond, tel il se dresse, notre scout, et de le voir lui aussi, comme le Fils de Marie plein de grâce et de vérité, un seul mot nous monte aux lèvres  : il est charmant. Et n’est-ce pas son rôle en effet de charmer les blessures de notre monde vieilli, qui ne sait plus ce que c’est que la grâce humaine depuis qu’il a rejeté la grâce de Dieu ?
Père Sevin. Le Chef ou pour Penser Scoutement. Béatrice aux pieds nus

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