Charte du Scoutisme Français, dite « de l’Oradou »

En 1999 plusieurs associations se sont donc rassemblées pour publier deux textes (différents) essayant de définir leur conception du scoutisme. À ce propos, il nous a paru aussi intéressant de ressortir la définition commune, appelée « Déclaration de l’Oradou » , qui fut à l’origine du Scoutisme Français (25 septembre 1940) . Texte signé à l’époque par le Père Forestier (Aumônier Général des Scouts de France) en commun avec les Guides de France, les Éclaireurs de France (neutres) et Unionistes (protestants) . Bel exemple de fraternité.

  • Il ne peut s’agir d’un nivellement de toutes les particularités, d’une fusion complète, mais d’une union dans la diversité, ou, pour reprendre le mot du rapporteur, d’une Fédération.
  • Cette union pour ne pas être équivoque, suppose entre les Associations un « dénominateur commun » , comme aimait à le dire le Maréchal Lyautey, Premier Président d’Honneur du Scoutisme Français. Tous, dans cette union, ne penseront pas totalement de même. Aucun ne devra y professer des idées en contradiction avec les principes essentiels ci-après définis.
  • Ce qui unit tous les membres du « Scoutisme Français », tant masculin que féminin c’est d’abord qu’ils sont les tenants d’un système d’éducation qui crée un certain type d’homme ou de femme.
  • Cette pédagogie a, sur la nature de l’homme, une vision d’un optimisme mesuré. Elle sait que l’homme n’est pas totalement bon, mais que l’on doit toujours, pour l’éduquer, faire appel à sa collaboration active et à son sens inné de l’honneur. Elle vise avant tout le perfectionnement corporel et spirituel de ses membres, au service du prochain et de la Patrie. Le scoutisme est une Ecole de Civisme qui veut former des citoyens actifs, joyeux et utiles.
  • La méthode de Baden-Powell n’est pas une méthode quelconque de pédagogie active : on constate que le Scoutisme de B. P. est d’inspiration chrétienne et qu’il a, dans ses préoccupations, la recherche de Dieu, les devoirs envers Lui, le service des autres, l’amour du Pays. Un scoutisme qui négligerait systématiquement ou mépriserait cela ne serait plus le Scoutisme de B. P.
  • Les membres du Scoutisme Français ne veulent donc pas s’unir d’après une formule de neutralité purement négative. Ils entendent manifester de la compréhension et du respect pour toute croyance.
  • D’inspiration religieuse, le scoutisme cependant n’aboutit pas par soi à un credo déterminé. Mais il est conforme à son esprit qu’il encourage la recherche de la Vérité parmi ses membres et revête un caractère confessionnel dans certaines associations.
  • En France [et dans l’Empire Colonial], le scoutisme s’adresse à de très nombreux garçons et filles, qui ne professent pas la foi chrétienne mais qui désirent vivre un idéal de franchise, de service et de pureté conforme aux traditions de la Chevalerie française.
  • Dans ces conditions le Scoutisme Français doit grouper dans la fidélité à l’idéal défini précédemment, les Scouts croyant en Dieu, et ceux qui, sans adhérer explicitement à une religion, se sentent en sympathie avec les croyants et recherchent, pour leur part, le Vrai, le Juste et le Bien dans la sincérité de leur cœur.

Note importante : Ce texte doit être utilisé intégralement et non pas par extraits, qui seraient susceptibles d’en altérer le sens.

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